Digiborigenes

les habitants des mondes numériques

 

Frank Warren dévoile la chambre des secrets

Frank Warren, vous connaissez ?

L’image date de la semaine dernière. On y voit Frank Warren dans la pièce ou il garde les lettres qui lui sont envoyées avant de les publier sur son blog postsecret. Il tient  à la main la première boite dans laquelle il gardait les messages avant de les mettre en ligne.

Je n’ai jamais pensé que j’aurais besoin de conserver plus que les de 500 lettres qu’elle peut contenir. Ce que vous voyez derrière moi est près d’un quart de million de secrets. Frank Warren

L’histoire commence en 2004. Frank Warren est passablement déprimé. Sa vie l’a confronté a quelques secrets et il a comme idée de distribuer dans le métro de Washington 3000 cartes postables avec une consigne simple : “racontez moi un secret”. Les retours de courier vont bien au delà de ce qu’il pensait. En 2005, il commence a les mettre en ligne : une dizaine de carte chaque dimanche. Le site est un succès : il affiche 110 millions de visiteurs, connait une déclinaison francophone et est décliné sous forme de audios, vidéos, de bavardoirs, de forums, et bien entendu, PostSecret a sa déclinaison Facebook.

 

Si vous avez un secret, pourquoi ne pas le confier à Frank Warren ?

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By Yann Leroux
On May 31, 2008
At 6:06 pm
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Les com-bats

Elles appartenaient jusqu’à présent au monde Batman et autres personnages de comics : des robots de surveillance miniaturisé permettant de rendre compte des activités des zones survollées. Voilà les Com-Bats de l’université de Michigan. Elles voient, entendent grâce à des caméras et des micros. Elles sont également capables de sentir différents gaz et de repérer des radiations atomiques. Elles sont propulsées par des piles lithium qui se rechargent grace à l’énergie soloaire, le vent et les vibrations. Les com-bats font une quizaine de centimètres et pèsent une centaine de grammes

 

Source : Université du Michigan

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By Yann Leroux
On May 26, 2008
At 9:05 am
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Comment le web change le monde

  Comment le web change le monde. L’alchimie des multitudes. Francis Pisani. Dominique Piotet.

Francis Pisani est journaliste au monde. Il s’occupe depuis quelques années de tout ce qui concerne  l’Internet. Lors d’une interview donnée a Natasha Quester-Séméon Faria, il a raconté comment il a pris conscience de l’importance du réseau d’une part à partir de l’usage professionnel qu’il en faisait, et d’autre part de la curieuse convergence entre le discours tenu par l’industrie de l’intertainment …et Deleuze ! Le livre, co écrit avec Dominique Piotet était donc riche de promesses

Né à la fin de l’année 1990 avec la proposition de Tim Berners-Lee et de René Caillau, le web a fait preuve d’une vitalité remarquable, en se développant sur les réseaux informatiques, en éliminant quelques concurrents (Gopher, par exemple) et en se modifiant au moment ou l’on s’y attendait le moins. C’est à ce web 2.0, pour reprendre la formule inventée par O’Reilly (date) que L’alchimie des multitudes s’intéresse

Je mets le sous-titre en avant car c’est très précisement de cela qu’il s’agit aujourd’hui sur le réseau. D’abord la multitude : le réseau nous permet d’être au contact de beaucoup d’autres, avec une facilité que nous n’avions pas connu jusque là. Cette multitude est pour une grande part arrangée par les dispositifs que sont les sites de réseaux sociaux comme Facebook, les aggrégateurs RSS ou encore les sites de social bookmarking. Elle concerne aussi bien les usagers que les données : photos, vidéos, textes, sons… Ensuite l’alchimie. Il faut bien en appeler aux anciennes magies car nul ne peut prévoir exactement ce qui  sortira demain de ce qui se fomente aujourd’hui. Il est évident que les grandes compagnies du web 2.0 (Google, Yahoo!, Facebook, Youtube …) attendent rien moins que la formule de l’or philosophale : faire de l’argent avec les conversations, qu’elles soient banales, sans qualités, privées, chargées d’émotions, porteurses de bonheurs ou de drames. Il est aussi évident que parfois, quelque chose de magique se produit dans la façon dont ces multitudes s’assemblent : de nouvelles façons de concevoir le droit à la propriété (licences Créatives Commons), à la connaissance (Wikipédia) émergent de l’usage du réseau et ensemencent le web 2.0

Pour donner une idée de cette multitude, il faut garder en tête que Youtube capte à lui seul 10% du traffic internet mondial, que 5 des 10 premiers sites sont des sites sociaux (source : Alexa), qu’il y a plus de 100 millions de blogs (source : technorati) qui produisent 1,5 millions de billets par jour (source : technorati) et qu’il y a plus d’un milliard 17 d’internautes (source Internet World Stats juin 2007)

L’achimie qui organise cette multitude tourne autour de quelques ingrédients que le libre détaille chapitre après chapitre: 1. les technologies comptent peu. Pour l’utilisateur, la technologie ne doit pas être un obstacle; son usage doit se donner comme intuitif. 2. Le web appartient aux usagers. Les dispositifs du web sont ouverts et permettent a chacun de construire un espace à sa mesure : "Créer, publier et modifier son profil sur un site de réseau social, c’est ajuster son identité par petites touches face aux autres."3 La communication se fait "dans les nuages". La communication se fait souvent à la cantonade. Les messages sont adressés à des autres, une multitude. Elle n’est adressée à personne en particulier. 4. Le web est un espace relationnel.  Le web est un espace de relation : partout, des groupes sont organisés autour d’un objet. 5. L’amateur est un expert. Le savoir n’est plus aux mains de quelques experts. Il est produit et validé par la multitude.

Ces points sont ensuite détaillés chapitre après chapitre. Les auteurs en examinent les conséquences, les avantages et les inconvénients. La première force du livre est d’être très didactique. Il s’adresse aussi bien au nouveau venu qu’aux dinos de Usenet. Son second interêt est d’examiner sans complaisaces les conscéquences positives et négative de ce nouvel espace. Enfin, troisième point important : il fait connaître ou découvrir les modèles idéologiques et théoriques sous-jacents à la compréhension du fonctionnement du réseau.

 

Né de la volonté d’un homme de lier des documents entre eux quelque soit leur nature, le web est devenu un espace ou les hommes se lient entre eux (1). Ce passage des documents aux hommes, des transmissions machiniques aux communications inter-humaines sous-tend un autre passage : celui des logiques des mécaniques insitutionnelles aux dynamiques relationnelles. Ici, la fixité, la statique, les contenants; là le flux, la dynamique, les contenus.

 

Personnellement, je ne serais pas enclin a penser que du fait que

la notion de lien prévaut, l’ enveloppe pèse moins, la frontière perd en importance et en signification. on es plus dans un même "bain", on est relié par des flux

mais que l’enveloppe est devenue si générale, si omniprésente, que nous ne la voyons plus. Aujourd’hui ‘enveloppe numérique couvre d’une manière presque totale a la fois l’espace géographique et nos usage. De ce fait, la frontière entre le ON et le OFFline disparait, et ce qui se construit ce sont des frontières à l’intérieur des mondes numériques. Cette construction donne lieu à des conflits et des débats autour de l’inter-opérabilité et la question de l’appartenance des données.

 

Le web comme plate forme

Ce que l’on appelle le Web 2.0 depuis la forgerie de Tim O’Reilly en 2004 est devenue une plate-forme de services. Elle est protéiforme, et ouverte aux changement rapides, ce qui fait qu’il est diffiicle d’en donner une représentation claire et précise. Qui aurait prévu, par exemple, il y a un an de cela, ressort extraordinaire de Twitter et le foisonnement des applications qui lui sont dédiées ?

Le livre montre bien comment ce sont de "vieilles" technologies d’hier qui alimentent les boosters de la fusée Web 2.0 : le XML, Ajax, le RSS sont aujourd’hui mûres, et surtout, les usagers du réseaux s’en sont emparés. C’est sans doute ce qui fait la grande spécificité de l’Internet au regard des autres réseaux : il est ce que les usagers en font, pour une grande part, ce qui n’était pas le cas des réseau télégraphiques, ferroviaires, téléphoniques ou même le réseau des CBistes. USErs NETwork : les usagers du réseau, disaient les premiers digiborigènes…

Le web est devenu une plate-forme. Cette évolution a été préparée par  glissement des standards propriétaire aux standards ouverts; la mise en ligne de pages dynamiques, le Peer-to-peer et les outils en ligne

Ce sont les usages qui font le réseau. C’est son ouverture qui permet la collaboration. C’est, finalement, son hybridation qui fait sa force. Le livre rappelle le joli mot de creolisation à propos du bidouillage des mashup (2), c’est a dire des applications qui mélangent différentes sources de données pour produire autre chose.

L’or ou le plomb ?

Une questions sous-tend le livre. Cette alchimie des multitudes , produit elle de l’or ou du plomb ? de la connaissance ou de la bêtise ? Organise-t-elle les connaissances ou les désorganise t-elle ? D’évidence, les "webacteurs" en accumulant les données, en diversifiant les sources, en mettant en relation et en délibérant entre eux organisent quelque chose. Mais, quelle est la qualité de ce qu’ils produisent ? Certes, l’arbre de la connaissance a été mis à bas, mais saurons nous nous y retrouver dans toutes ces feuilles qui jonchent le sol comme pense Weinberger. Les foules, que l’on connaissait depuis Le Bon et Freud comme suggestives, irrationnelles et émotives sont elles aussi sages comme le pense James Surowiecki ?  Ou faut il entendre les critiques d’un Jaron Lannier contre ce qu’il appelle le maoisme digital. Ou ne faut il voir là ni feuille, ni arbre, ni or ni plom mais juste une destruction systématique de la culture, comme le pense Andrew Keen.

 

Voilà un autre mérite de ce livre. Faire connaître au lecteur francophone les débats qui existent outre atlantique a propos de l’internet, de la démocratie et la de culture. Certes, on peut ne pas être d’accord avec "ce que cela change" et plus exactement sur l’accent mis sur les changements économiques et commerciaux. Il serait dommage que  la longue traîne de Chris Anderson reste entre les mains des marchands ! On peut également n’être pas d’accord sur encore sur les projections qui sont faites pour le web de demain. Mais, il n’y a aucun doute que l’Internet change quelque chose aujourd’hui  et charrie des morceaux de demain. Et ce livre donne des élements pour penser ces changements.

 

 

(1) d’ou la formule d’Olivier Ertzscheid : "L’homme est un document comme un autres", ce qui, bien entendu n’est pas sans conséquences, surtout si l’on songe aux caractéristiques du document électronique

(2) Le premier d’entre eux a été réalisé par Paul Rademacher en mélangeant les données des toutes jeunes "google maps"  et des données issues de CraigList en avril 2005

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By Yann Leroux
On May 24, 2008
At 7:00 pm
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C’est déjà Songdo !

Imaginez une ville où le réseau est pervasif. Un monde ou les poubelles lisent les puces RFID des objets et créditent le compte vert de son propriétaire. Imaginez une ville ou les téléphones portables stockent des données biométriques et se mettent en lien avec le centre de soin le plus proche en cas de problème. Imaginez une ville intelligente, ou les flux de la circulation sont gérés en temps réel. Imaginez une ville ou les services partageront leurs données. Imaginez une ville ou les objets sont des interlocuteurs.

Utopie ?

 
Voilà Songdo. La ville est a 60 km au sud de Séoul et sera livrée en 2014. Ce sera la première U City. entendez U comme Ubiquity,  Y prendrez vous un logement ?

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By Yann Leroux
On
At 4:00 pm
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La DDH des digiborigènes

Les digiborigènes ont leur Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Joseph Smarr, Marc Canter, Robert Scoble et Michael Arrington ont dépoussiéré l’antique netiquette pour la mettre le 4 septembre 2007. Les temps changent : il ne s’agit plus seulement de donner des règles de bonne conduite entre les utilisateurs du réseau, comme cela avait été le cas lorsque les users network avaient édifié la nettiquette mais de les protéger des sociétés de service ou de commerce.

 

 

Nous affirmons publiquement que tous les utilisateurs du web social ont droit à certains droits fondamentaux, notamment :

  • la propriété de leurs informations personnelles, incluant :

    - les données de leur profil,
    - la liste des personnes avec lesquels ils sont liées,
    - le flux d’activité du contenu qu’ils créent ;

  • le contrôle de la manière dont ces informations personnelles sont partagées avec autrui ; et
  • la liberté d’autoriser les sites externes de confiance à accéder à ces données d’une manière durable.

Les sites en accord avec ces termes doivent :

  • autoriser leurs utilisateurs à syndiquer les données de leur profil, leur liste d’amis, et les données qu’ils partagent avec eux par l’intermédiaire du service, en fournissant une URL ou un identifiant d’API pérennes, ainsi que des formats de données ouverts ;
  • autoriser leurs utilisateurs à syndiquer leur flux d’activité en dehors du site ;
  • autoriser leurs utilisateurs à lier leurs pages de profil à des identifiants externes de manière publique ; et
  • autoriser leurs utilisateurs à découvrir les autres utilisateurs de leurs connaissance qui sont présents sur le site qu’ils utilisent, en utilisant les mêmes identifiants externes que ceux qui sont disponibles pour des recherches à l’intérieur du service.”  OpenSocialWeb

 

A quand une La Déclaration Universelle des Droits des Digiborigenes et des Bots ?

Via InternetActu

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By Yann Leroux
On May 23, 2008
At 12:00 pm
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Shigeru Miyamoto premier du top 100 de Times

2 millions de votes. C’est avec une avance confortable que Shigeru Miyamo arrive en tête des votes des lecteurs de Times. Le journal a fournit une liste de 200 personnalité set a demandé aux internautes de choisir qui ceux qui seront dans le Top 100 qu’il publie chaque année. On lui doit Super Mario, Donkey Kong et La Legende de Zelda

En 2006, le Times avait fait d’un homme qui n’avait pas d’autre qualité que d’être à la fois très banal et multiple, la personnalité de l’année. Il s’agit de l’internaute

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By Yann Leroux
On May 18, 2008
At 10:24 pm
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WoW faiseur de ménages

Trouvé via Innovablog, une (fausse) publicité pour World of Warcraft, qui retourne le stéréotype du MMO briseur de ménages

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By Yann Leroux
On
At 8:43 pm
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[Livre] Wikipedia, média de connaissance démocratique Marc Foglia

Vient de paraître, chez FYP éditions, Wikipédia, média de la connaissance démocratique ?, de Marc Foglia. Le livre fair un tour d’horizon complet de l’univers Wikipedia et de ses usagers.

 

Normalien, énarque, Marc Foglia est philosophe des sciences, spécialisé dans les nouvelles technologies. Il est entouré pour ce livre de nombreux auteurs : Valerie Chansigaud, Marc Chevrier, Nicolas Curtelin, Florence Devouard, Jacques Dufresne, Nicolas Floury, Martine Groult, Cécile Hussherr, Chang Wa Huynh, Philippe Lacour et Gaekk Manguy. L’écriture du livre est conforme à son objet : derrière un texte, une pluralité. Ainsi, à l’intérieur d’un chapitre, on peut passer d’un auteur à l’autre. Les changements sont annoncés et soulignés par un liseré qui borde le texte et qui le différencie de celui de Marc Foglia. Passé la première surprise, ce système réserve de bonnes choses, et on se surprend à rêver que le livre n’ait pas exploré davantage cette voie du coté du coté de l’hypertextualité.

 

Les fortes questions posées dès l’introduction ne peuvent que retenir l’attention

Quelles sont les pratiques sociales nouvelles issues du travail collaboratif sur Wikipedia ? Quelle est la création de valeur qui permet d’expliquer le succès de Wikipedia, et qui modifie la manière dont nous pensons la culture, le travail, la société ?

Qui a ne serait ce qu’un début de réponse à ces questions éclairera une des questions vives des temps présents. L’internet, que personne n’a vu arriver, et qui se modifie à une vitesse plus grande que les analyses qui peuvent lui être faites, est porteurs d’usages dont il est difficile de penser qu’ils ne modifient pas profondément les relations que nous avons avec nous même et avec les autres.

 

Origines

A l’origine de Wikipedia, deux hommes, Jimmy Wales et Larry Sangers. Ils lancent d’abord Nupedia basé sur un systéme d’édition traditionnel.  En un an, Nupedia propose… 24 articles. Un wiki est alors mis en place pour aider les auteurs a proposer du contenu. En six mois, ce "brouillon" collecte 6000 articles. Nupedia est abandonné. Wikipedia est née !

Ce récit des origines met l’accent sur des élements qui sont toujours important aujourd’hui. D’abord, la question du choix de la politique éditoriale; sur cette question, les fondateurs n’étaient pas d’accord. Larry Sangers a toujours soutenu la ligne d’un contrôle éditorial et il finira pas démissionner de Wikipedia. Ensuite, le passage du Nu au Wiki souligne la place importante du dispositif d’écriture dans Wikipedia. Wikipedia, c’est d’abord un wiki, et peut-être même le wiki de tous les wikis.

Le premier Wiki d’entre eux à été écrit en  1995 par Howard Cunnigham. Un wiki est un dispositif d’ écriture collective permettant à toute personne de créer de nouvelles pages d’éditer les pages qui existent déjà, de les lier à d’autres pages, de supprimer des pages tout en utilisant des règles de formatage (taille de la police, gras, italique, souligné, listes…) sans avoir à écrire une ligne de code HTML [Voir La voie du Wiki]

Aujourd’hui, Wikipedia est un des poids lourds du web. Chaque jour, il est visité à 6,% des internautes du monde à qui il distribue plus de 220 millions de pages et la version française compte un demi million d’articles. [voir http://www.wikipedia.org/wikipedia:stats]

 

La nouvelle alliance

Sur Wikipedia, tout le monde peut écrire, créer des pages et éditer les pages existantes. Marc Foglia donne les grands principes qui président au travail éditorial : la sécurité molle, la surveillance mutuelle et la méthodologie collaborative. Voilà le trépied sur lequel s’ organiserait la révolution wikipedia. La facilité d’écriture permettrait au citoyen lambda de faire oeuvre encyclopédique, de se libérer enfin du joug que fait peser sur lui l’état et de se dispenser de la figure de l’expert. Il n’est plus limité a la petite case d’existence dans laquelle immanquablement il est assigné par les autres. Il peut jouer les passe-muraille : lecteur puis, d’un clic, producteur de contenu. Wikipedia serait ainsi exempte des maladies des systèmes verticaux : il ne peut y avoir de mauvaises décisions prises par les dirigeants puisqu’il n’y a pas de dirigeants ! A cette ligne libérale, Wikipedia ajouterait des éléments collectivistes : chacun se consacre à la tache commune en fonction de ses disponibilités. Serait alors réalisée l’alliance tant recherchée du collectif et de l’individuel - entendons : une articulation sans entrave, puisque chacun irait d’un pôle à l’autre en fonction de ses désirs . Cette articulation se ferait dans un syncrétisme philosophique mêlant relativisme, le posititivisme, et le libéralisme.

 

On en arrive finalement a la conclusion.

L’encyclopédie  serait une sorte de marché libre de la connaissance. La concurrence des idées doit conduire à l’élimination progressive des erreurs, l’offre doit correspondre le plus adéquatement à la demande etc. Marc Foglia

 

L’encyclopédie Wikipedia, c’est donc le marché. Un marché bien évidement libre, libéral, organisé par une "main invisible". L’ouvrage ainsi bati présente cependant quelques accrocs  C’est ainsi que  Karl Hewitt  a de beaucoup augmenté la page qui le concernait dans Wikipedia, ce qui a conduit des administrateurs à bloquer son compte. Les machines de Science Po ont également été bloquées parce que des étudiants, sous couvert de leur professeur, inséraient volontairement des erreurs afin de vérifier au bout de combien de temps elles seraient corrigées. Dernier exemple : un utilisateur a crée plusieurs milliers d’articles en copiant des textes encyclopédiques libres de droit. Leur identification, leur reprise et leur amélioration va requérir un travail considérable. Derniers exemples : les guerres d’édition bien connues sur les articles scientologie ou Wal-Mart.

 

A l’enthousiame libérral et à la sécurité molle de Marc Foglia répond Jacques Dufresnes qui montre comment les principes de Wikipedia peuvent épouser les contours du libéralisme le plus dur. Il rappelle, question essentielle et qui n’est pas assez traitée, que nous n’avons pas encore pris la mesure de l’impact de la marchandisation de initiatives privées.

 

De l’ordre dans le désordre

Wikipedia évolue au fil du temps et cette évolution la met en contradiction avec ses principes fondateurs. Par exemple, la création d’espaces différencies (les bistrots…), d’usagers différencies (wiki pompier, admin…) d’articles différenciés (article de qualités) est à l’opposé de la philosophie de l’horizontalité de wikipedia. Jusqu’a présent, elle a réussi à se maintenir en créant des d’autres espaces, d’autres wikis - wiki quotes, wiki etc. Chaque bifurcation lui fait l’économie d’un conflit majeur, mais elle le paye d’une absence de reflexion sur les aménagements qu’il y aurait à apporter dans wikipedia pour qu’elle maintienne une forme compatible avec son projet de départ. En effet, la présence de certains contenus ou encore la prévalence donnée à d’autres laissent planer quelques doutes sur le caractère encyclopédique de Wikipedia.

C’est ainsi qu’a la sécurité molle du dispositif s’oppose la sécurité dure des usages sociaux. Les nouveaux venus sont rarement bien accueillis, surtout s’ils font quelques erreurs d’édition. Les groupes d’interêt  s’y opposent violemment. Certains sujets sont si brûlants qu’il a fallut dériver les polémiques sur d’autres pages !

C’est là que l’ écriture a plusieurs voix de Wikipedia, média de la connaissance démocratique trouve toute sa valeur. Aux élans enthousiastes de Marc Foglia, succèdent, en incise, les analyses de Valerie Chansigaud. Ironiquement, c’est la voix du dedans - Valérie Chansigaud est membre de la fondation Wikimedia France - qui est la plus critique. Elle ne cache rien des difficultés que posent la disparition des experts, du problème de la source des connaissances, des cultures locales qui s’installent en fonction des pays

 

L’encyclopédie construite par une société policiée, horizontale, sans reliefs, organisée uniquement par les lois du marché est un leurre.  Le simple fait d’être ensemble a conduitnécessairement les wikipediens organiser la multitude. Ils se sont dotés de représentations - L’ordre mendiant "Nous sommes la Croix-Rouge de l’information", dit Jimmy Wales; la cathédrale et le bazar, le WikiLove… - qui les aident à se penser comme collectif; ils se sont différenciés et ont différencié les espaces dans lesquels ils inter-agissent comme les contenus qu’ils produisent.

 

Wikipedia, Média de la connaissance démocratique ? expose les aspects important de l’encylopédie en ligne. Les grands principes qui courent sous la mise en ligne des articles, les idéologies politiques sous-jacentes, la question de la place de l’expert, voire son remplacement par le citoyen "lambda", les origines de l’encyclopédie ou encore la question de la fiabilité du contenu. On trouvera encore des reflexions sur l’impact de Wikipedia sur les étudiants ou encore sur le tandem Google - Wikipedia, sur le rabaissement de la connaissance au plus petit dénominateur commum.

 

Pour conclure, au

Nous sommes libres de poser toutes les questions que nous voulons, et cela, sans avoir besoin d’aucun maître.

de Marc Foglia, je dirais un plus prudent : nous devons connaître nos maîtres si nous voulons poser toutes les questions que nous voulons

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By Yann Leroux
On May 17, 2008
At 8:52 am
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Facebook en vrai

Que se passerait-il si nous nous comportions dans l’espace géographique de la même manière qu’en ligne ? Démonstration !

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By Yann Leroux
On May 16, 2008
At 1:48 pm
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Asimo maestro

Il s’appelle Asimo. On le savait "social" puisqu’il est capable de se connecter à d’autres alter-égo pour réaliser une tache. Cela permet par exemple à un robot d’être remplacé par un autre s’il doit arrêter de travailler pour recharger ses batterie. Asimo est produit par Honda . Du fait du nombre important de personnes agées dans sa population, le japon fait des recherches importantes en robotiqu et s’intéresse particulièrement aux relations homme - robot. Un autre robot, Ri-Man a été développé spécifiquement pour soulever des personnes et servir à terme d’assistant de vie.

La dernière version d’Asimo en fait un musicien et plus exactement chef d’orchestre

 

 

Certes, aussi impressionnant que cela puisse être, cela reste encore du simulacre. C’est ainsi qu’un tromboniste, M. Hawes, a pu faire à l’AFP cette remarque :

"Nous réagissons par rapport à lui mais lui ne réagit pas par rapport à nous", a-t-il dit. "C’est la seule chose qui manquait. Nous savions quand il allait arrêter et donc nous avons arrêté en même temps que lui". Agence France Presse

 

Il n’en reste pas moins que des humains obéissent à une machine. A méditer ?

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By Yann Leroux
On May 15, 2008
At 11:43 am
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