Digiborigenes

les habitants des mondes numériques

 

Pédophilie et Internet

Les campagnes de prévention de la pédophilie sur le réseau Internet font souvent référence à un adulte se faisant passer pour un enfant ou un adolescent afin de le séduire. Une étude vient de montrer qu’il s’agit d’un stéréotype et que les pédophiles ne se cachent pas du caractère sexuel de leur démarche. Du point de vue de l’enfant, il s’agit d’une amitié ou d’une histoire d’amour lorsqu’ils s’agit d’adolescents

L’étude à été conduite par Janis Wolak de la  Crimes Against Children Research Center. Elle a porté sur 3000 internautes agés entre 10 et 17 ans qui ont été interrogés par téléphone en 2000 et en 2005. 600 interviews ont par ailleurs été conduites dans tous les USA. Un long article, "Online "Predators" and their victims"[1] vient d’être publié en Février 2008 dans le journal de l’American Psychological Association et fait le point sur trois études conduites sur le sujet

Il apparaît que les cas ou un pédophile se fait passer pour un adolescent ou un enfant sont très rares. La confrontation a la sexualité est dans la majorité des cas apportée par un pair de l’enfant - ce qui ne veut pas dire que cela est moins problématique

Il ressort de l’étude des éléments qui sont important à garder en tête lorsque l’on parle de pédophilie et d’internet. Cela permet d’avoir une vision claire de ce qui se passe et donc de fournir aux enfants des modèles de prévention efficace

 

  • Les enfants qui ont été abusés sont particulièrement vulnérables
  • Mettre en ligne des informations personnelles ne semble pas être une conduite à risque
  • Les sites sociaux comme mySpace n’augmentent pas particulièrement le risque d’être confronté à un pédophile
  • Certains comportements en ligne augmentent le risque : interagir avec des inconnus, avoir des inconnus dans sa liste de contact, parler à des inconnus de sexe, chercher des médias pornographiques, être agressif en ligne
  • Les filles sont plus vulnérables, de même que les garçons homosexuels

 

Aussi, les programmes comme le très récent Microsoft Live OneCare risque d’être doublement innéficace d’une part parce qu’il sont encore basés sur ce stéréotype du danger venant d’un étranger. Dans la majorité des cas les harcèlement en ligne provient de personne(s) que l’enfant connaît hors ligne, et d’autre part parce que c’est une information et, comme on l’a vu, l’abuseur ne fait pas mystère de ses intentions.

 

*[1] Les auteurs sont Janis Wolak, David Finkelhor, Kimberly J. Mitchell (University of New Hampshire) et Michele L. Ybarra (Internet Solutions for Kids, Inc)

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By Yann Leroux
On May 15, 2008
At 10:56 am
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Les surfaces tactiles à portée de main

Microsoft vient de présenter un nouveau dispositif qui permet de transformer n’importe quelle surface en surface tactile. L’ensemble serait à un prix abordable si on le compare au magnifique mais très onéreux Surface, L’arrivée de tels dispositifs montre que nous sommes en train de nous séparer de notre souris qui nous accompagne depuis le premier bricolage de Doug Engelbart en 1963 et qu’elle se popularise dans les années 80.

Le fait d’aller vers une interaction toujours plus grande entre l’oeil et la main provoque une sensation d’immersion croissante et va modifier profondément notre rapport aux mondes numériques

 

 

Via Techcrunh.fr

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By Yann Leroux
On
At 9:19 am
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Les digiborigènes font la révolution

Les inventions techniques sont toujours grosses de changements sociaux. On sait que les mouvements de la Réforment suivent les développements de l’imprimerie. Un genre littéraire explore cette dimension en imaginant ce qui aurait pu se passer si…Dans ces uchrnoies, l’histoire est écrite à partir d’un point de bifircation : le sud a gagné la guerre de sécession,  John Fitzgerald Kennedy, échappe à la mort à Dallas… ou l’internet existe en Mai 1968

Qu’aurait été Mai 1968 avec l’Internet de 2008 ? Voila la question qu’explore 68bis Pour le dire autremet. Comment aurait été mai 68 avec des tags Flickr, des pages MySpace, des blogs, des netvibes, des Facebook, des 

On imagine les Ding! de plus en plus fréquents de Twirl, image de l’excitation croissante. Les étudiants se regroupent grace à Twitter et auraient microbloggent les événénements en direct. Les google maps sont  mises à contribution pour pointer les lieux de rassemblement et les zones à investir. Wikipedia fait l’objet de sittings. Les pages capitalisme et communisme sont le lieu d’une guerre d’édition telle que les serveurs de Wikipédia finissent par tomber. Les dispositifs qui permettent aux manifestants de s’organiser sont utilisés par la police.  Danny le rouge est géolocalisé twitt après twitt et tous ses comptes, du mail à la page facebook sont mis sur écoute.Son réseau, et tous ceux qui sont à une distance de 7 sauts de lui, sont systématiquement crawlés par les services de police…

Il ne s’agit pas d’un simple exercice d’écriture. On se souvient qu’Anonymous il y a peu à utilisé les ces dispositifs dans son hacktivisme contre la scientologie. On se souvient aussi des routiers anglais qui ont utlilisé des réseaux sociaux pour organiser des grêves en avril 2008.

 

De quelles révolutions est-ce que l’Internet est  lit. Que couvons nous avec nos forums, nos messageries instantannées, nos blogs, nos réseaux sociaux, nos folksonomies ? Préparons nous de grands changements ? Ou, plus angoissants : les empêchons nous ?

 

Via Savoirs en Réseaux

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By Yann Leroux
On May 11, 2008
At 11:22 am
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Les technologies du corps

AEC, l’IJBA, Le Monde et Sud-Ouest organisent régulièrement à Bordeaux des débats sur les mondes numériques. Celui d’hier portait sur les technologies du corps

Les invités éaient Jean-Gabriel Ganascia et Paul Benkninoum, respectivement professeur en intelligence articificielle, et médecin journaliste. Claudia Courtois, également journaliste au journal Le Monde était éxcusée. Le débat était animé par Laurent-Pierre Gilliard

La question est celle des rapports de chôme à la machine, et à ses machines. Le débat a croisé les figures habituelles : du lointain golem aux exosquelettes qui sont en phase de test dans les laboratoires, des automates de Descartes aux prothèses modernes.

Voilà donc que le cyborg, l’organisme cybernétique, se profile et insiste à l’horizon de notre culture et de notre demain. Mi-homme, mi-machine, à la fois hybride dans sa composition et 100% humain. Certains, se réclamant du courant transhumaniste, en appellent déjà à un au-delà de la condition humaine.

Si l’on garde à l’esprit la thèse de Leroi-Gourhan (1) - l’utilisation de l’outil conduit l’anthropoïde à une posture de plus en plus verticale; la colonne vertébrale se tend, et libère de la place dans la boîte crânienne; le cerveau se développe; le larynx se dégage, rendant possible la parole articulée - la technique est co-substancielle à l’homme. De ce point de vue, il ne saurait y avait un dépassement l’humain par les outils ou par les machines. Nous sommes ce que nous machinons. Nous sommes ce que les outils nous machinent. L’anthroplogue Marika Moisseff le dit dans un très beau texte : Nous n’avons jamais été humains…

La technique n’est pas seulement un instrument de transformation des corps. C’est aussi, et peut être surtout, des instrument de préservation ou de réparation. Les techniques du corps sont anciennes comme en attestent les trépanations retrouvées sur des crânes humains ou les traces de soins dentaires retrouvés sur les momies égyptiennes. Les techniques qui sont mises en oeuvre sont aujourd’hui pour la plupart de ce type : il s’agit de réparer un membre, un organe ou une fonction : ici un bras qui manque, là une rétine qui fait défaut. Ce qui me frappe, c’est d’une part la grande capacité du psychisme à accueillir de l’étranger, à le faire soi, à le corporéiser. C’est aussi la prévenance du shéma corporel : là ou manquait un bras, on en rajoute un et seulement un. C’est enfin la force des fantasmes : Christian Cabrol racontait a quel point l’idée d’une greffe d’un coeur avait rencontré de l’hostilité.

Je me souviens d’un chercheur du prestigieux MIT qui a du être appareillé des deux jambes a la suite d’une amputation. Il a dans un premier temps mis des prothèses qui lui redonnaient au centimètre près la taille qu’il avait avant l’amputation. Dans un second temps, il a mis des prothèses qui augmentaient sa taille. Il s’est alors aperçu qu’il pouvait alors escalader les voies qui lui éaient jusque là interdites parce que trop difficiles

Est ce à un nouvel usage de la technique ? Après tout, une modeste loupe augmente de beaucoup notre acuité visuelle. Il me semble que les nouveaux usages rtechniques du corps restent encore a venir. Ils correspondent d’une part à la rupture d’avec le schéma corporel (une tête, deux bras, deux jambes) et surtout à la mise en commun. Cette mise en commun peut concerner ce que un individu perçoit - son champ visuel, ou auditif, par exemple - mais également des éléments qu’il ne perçoit pas consciemment - taux de glucose, impédance de la peau…

La grande nouveauté, c’est que ces nouvelles techniques pourraient alors être interrogées à l’insu de celui qui les porte. C’est en ce sens que ces techniques du corps sont porteuses de question éthiques d’importance et, comme Jean-Gabriel Ganascia et Paul Benkninoum nous y invitaient en conclusion, nous avons à nous en soucier avant qu’elles ne nous posent des soucis.

Hasard de l’actualité : le débat qu’appellaient les deux conférenciers de leur voeux semble prendre forme. Ce matin, sur la télé du sénat, un débat sur les puces RFID

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By Yann Leroux
On May 7, 2008
At 11:59 pm
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Nous sommes les digiborigenes du reseau

Nous sommes les digiborigènes du réseau. Nous avons construit ce réseau et il nous façonne. Nous sommes les premiers à habiter un espace sans lieu. Nous y trouvons nos joies et nos peines, nos amusements et nos loisirs, nous y trouvons de quoi satisfaire nos désirs, qu’ils soient érotiques, agressifs ou narcissiques. Nous y avons notre histoire et nos figures de proue, nos grands conflits et nos grandes découvertes.
Dans sa pré-histoire, le réseau n’ était pas fait pour les êtres humains. Il n’avait pas d’autres fonctions que de permettre à des machines d’échanger des informations. Nous avons détourné cette fonction pour en faire le lit de notre sociabilité. Partout ou des machines étaient connectées, des hommes se liaient. Ainsi sont nées les premères communautés : Plato, Planet, Telnet. Et lorsque les hommes étaient séparés, les machines les aidait a enjamber l’espace. Ainsi sont nés les BBSs (Bulletin Board Systems). Mais chaque communauté était sans lien avec les autres. Etre sur Plato ou The Well ne vous permettait pas de visiter les merveilles des pays voisins.
ARPAnet émergera de la compétition entre les réseaux et finira par s’imposer. Il est le point de départ d’une cascade d’évènements de plus en plus rapides qui conduisent au réseau tel que nous le connaissons aujourd’hui. Avec lui, nous nous sommes donnés un mythe des origines : l’Internet a été créé pour faire face à une guerre nucléaire. Comme tous les mythes, il a sa part de vérité : il dit la faiblesse et les espoirs grandioses des premiers d’entre nous. Il dit la certitude de la force que donne le fait d’être liés les uns aux autres. Il dit aussi le big bang qu’a été pour beaucoup d’étudiants la découverte de ces mondes au-delà des écrans. Dans les campus, toute une jeunesse détourne, invente et brasse du code. De ces bricolage émergent rien moins que le mail, une langue, des jeux en ligne, un réseau d’utlisateurs, des us et des coutumes, des conflits et des mystifications. Les milliers d’heures passées ensemble à jouer, travailler ou perdre son temps sur le réseau donne naissance à une vie sociale en ligne.
Avec des outils rudimentaires comme le copier-coller, le envoyer-recevoir et le plus puissant d’entre eux, le créer-supprimer, nous avons défriché des terres inhospitalières. Nous avons transformé un environnement en un habitat. Nous y avons avons construit nos pages-maisons et des sites ou sont produits d’autres outils et d’autres espaces. Le matériel que nous avons produit est immense et que y retrouver une information peut être difficile. Pourtant, nous avons pris l’habitude de déléguer au cyberspace une partie de nos fonctions. Il est notre mémoire étendue, et c’est vers lui que nous nous tournons spontanément pour retrouver une information. Nous avons dépassé le milliard de digiborigènes et dans certains lieux, notre population excède largement celle de pays de l’espace géographique.
Après la pléiade de petits réseaux, après ARPAnet, après Usenet, le web est la dernière conquête des digiborigènes. La encore, nous avons su inventer de nouveaux usages. Ce que le Web est aujourd’hui, personne n’aurait pu le prévoir il y a 10 ans. La valeur des sites tient pour sa plus grande part au travail d’une multitude d’utilisateurs qui fabriquent les contenus, les partagent, les commente, les étiquette. Ce travail des digiborigènes a produit une extension des mondes numériques qui se superposent de plus en plus fréquemment à l’espace géographique et à notre quotidien. Nous ne changeons plus seulement le réseau. Nous changeons le monde.

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By Yann Leroux
On May 4, 2008
At 8:12 pm
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