Digiborigenes

les habitants des mondes numériques

 

[Après coup] Digiborigenes 2008

Retour sur la journée du 20 septembre ou les digiborigénes se sont réunis a Cap Sciences.

La journée a commencé avec Marina Dufféal, géographe qui a présenté le travail très impressionnant qu’elle a mené sur la projection des villes du sud est de  France sur le Web. La cybergéographie qu’elle a présenté a montre que les dynamiques géographiques sont similaires en ligne et hors ligne. Elle a produit des cartes très parlantes qui montrent que la proximité géographique est reproduite dans le cyberespace. Il existe cependant au moins une différence : ce ne sont pas les villes les plus importantes qui ont été prisonnière dans le cyberspace. Marina Dufféal a continué son travail en sondant la manière dont l’arc atlantique est représenté sur le web, ce qui lui permettra des comparaisons avec la représentation de l’arc méditerranéen.

 

Sébastien Parent nous a parlé de la réputation numérique qui est un des grands sujets du moment sur le web. Mieux vaut il avoir 5 millions de contacts ou 5 amis ? se demande t il en s’appuyant sur Cory Doctorow. La question est bien là, puisque nos vies en ligne mettent presque sur le même plan nos vies professionnelles et nos vies privées, nos contacts et nos amis.

 

Amar Lakel a rendu compte de l’émergence des leaders dans les groupes en ligne. Quiconque a participé à une liste de diffusion ou un forum reconnaîtra la description qu’il en fait : quelques leaders et leurs gardes rapprochée, les concernés et les intéressés. Les stratégies de communication varient puisque les leaders se montrent hyper présents et saturent le forum par leurs messages. Il a forgé une notion qui est sans doute promise à un bel avenir : l’empreinte narrative. Vous trouverez sur Dailymotion une vidéo d’Amar Lakel sur la communication électronique réalisée par Suzanne Galy et une autre interview sur le Journal du Net sur les mutations de l’état lors de son passage sur le net : l’état cybernétique va t il être un état cash machine ?

 

Jérôme Daviau a bien voulu lâcher sa table à dessin pour nous parler de la blogosphère de la bande dessinée et plus particulièrement de poipoipanda. Il y a exploré plusieurs styles graphiques et surtout a été en contact pratiquement direct avec son public.

 

Thomas Gaon est psychologue clinicien et président de l’Observatoire des Mondes Numériques en Sciences Humaines. Il a choisi de nous présenter une brêve histoire du jeu vidéo en tentant de faire apparaître la façon dont le monde universitaire s’était saisit de ce nouvel objet. Cela n’est pas encore très apparent en France ou nous avons le double handicap d’avoir une grande méfiance vis à vis de tout ce qui est image - c’est l’héritage de Descartes - et de tout ce qui n’est pas structuré hierarchiquement - c’est l’héritage de Colbert.

 

Rémi Sussan a fait apparaître les filiations imaginaires de la cyberculture. Langage is a virus ! (le langage est un virus) en est le mot d’ordre et il résonne aussi bien du coté de Lacan que de celui des surréalistes ou des adeptes du Burning man !. L’intervention était extrêmement dense, captivante - quand il dit que le langage est un virus ! - et c’est sans doute celui qui a le plus souffert du cadre de 30 minutes que nous nous étions fixé pour chaque intervenant. Il a fait passer à la fois la continuité du cyberspace - l’internet ne s’invente pas à partir de rien ! - et sa rupture : de nouvelles modalités d’être avec soi-même ou avec les autres s’y inventent, s’y expérimentent, s’y développement et diffusent ensuite dans l’espace géographique

 

Elise Prieur nous a présenté le rôle du designer dans l’homme de demain. Peut on designer l’homme ? La question est assez provoquante mais la poser fait apparaitre tout en ensemble de questions qui sont déjà dans la culture : l’amélioration des performances est déjà une question quotidienne. Elle touche le corps, dans ses performances physiques, mais aussi dans sa capacité à séduire - pensons à la chirurgie esthétique qui est de moins en moins réparatrice. Des améliorations existent également dans le domaine sensoriel. C’est là le domaine des prothèses qui viennent pallier un handicap sensoriel. Certains commencent à explorer d’autres voies, en s’inspirant du modèle animal : pourquoi ne pas augmenter notre capacité à communiquer en faisant apparaître au gré de nos émotions des marques sur notre peau ?

 

Yann Leroux a clôturé la journée en présentant les mythologies de l’internet. L’internet produit des histoires qui sont fondatrices : elles donnent sens à ce qui se produit sur le réseau, et permettent aux usagers de s’y reconnaitre. Ces “mythèmes” sont comparables aux mythes fondateurs d’une nation ou au roman des origines d’une gamille. Elle donnent sens à ce qui se produit sur le réseau, et assignent aux usagers une place à laquelle ils peuvent s’identifier

 

Ajoutons à cela que la journée a été radieuse, que le repas pris en commun avait tout des agapes, que l’ambiance était sympathique et l’on a une formule qui a tout de la journée réussie !

Filed under : Uncategorized
By Yann Leroux
On September 28, 2008
At 6:16 pm
Comments :
 

1 Comment for this post

 
December 4th, 2008 at 12:05 pm

[...] publié un article We Owe It All To The Hippies. Rémi Sussan lors de son passage à Digiborigenes a montré les filliations entre la cuture underground des sixties et [...]

 

Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.